Entretien professionnel
Temps de lecture 6 min. | Mise à jour le 18 mars 2026.
Sommaire
- Objet
- Mise en œuvre, le calendrier
- Refus de l’entretien
- La fiche préparatoire
- cas de agents en arrêt maladie
- notion des 180 jours de présence
1 – Objet
L’entretien professionnel est l’occasion pour chaque agent, une fois par an, de faire le point sur sa situation professionnelle et d’évoquer les perspectives pour l’année à venir. Cet entretien a un caractère individuel, confidentiel et il est obligatoirement proposé aux agents.
Les implications de celui-ci deviennent à ce jour considérables. Il s’agit d’un échange entre l’agent et son supérieur hiérarchique (N+1) en charge de l’entretien (sans la présence de tiers). Les thèmes abordés sont les résultats professionnels, la manière de servir de l’agent, les acquis de son expérience professionnelle, les besoins de formation ou encore les possibilités d’évolution de l’agent.
Cet entretien professionnel est versé au dossier individuel de l’agent, sous la forme d’un compte rendu établi par l’évaluateur et signé par l’agent, l’évaluateur puis l’autorité hiérarchique. Cet entretien professionnel est pris en compte dans de nombreux aspects de la promotion tels que les listes d’aptitude, les tableaux d’avancement, les postes discrétionnaires…
La portée de cet entretien ne doit pas être sous-estimée et il doit être préparé au mieux.
En effet, depuis quelques années, le tableau synoptique est quantifié par la DG et il faut obtenir une note minimale pour pouvoir postuler aux tableaux d avancement ainsi qu’aux listes d’aptitude.
Pire encore pour certains grades qui sont au RIFSEEP, l’entretien d ’évaluation est le moment de négocier une part de la rémunération.
Enfin, avec la multiplication des mutations aux choix, l’évaluation a toute son importance puisque qu’étudiée par les "recruteurs".
2 - Mise en œuvre, le calendrier
Tous les agents titulaires de catégorie A, B et C en activité au 31 décembre 2025 ou à la date des entretiens bénéficient d’un entretien professionnel.
Les agents stagiaires dans les services (agents administratifs, agents techniques, contrôleurs de 2ème classe selon le calendrier des nominations) ainsi que les inspecteurs en stage « premier métier » sont évalués uniquement sur la partie prospective (en clair, il s’agit de la fixation des objectifs pour l’année 2025). Les agents titulaires sont évalués dans le grade-échelon détenu au 31 décembre de l’année 2025.
Pour être évalué en 2026 sur l’année de gestion 2025, il faut avoir été présent au moins 180 jours dans les services. Si tel n’est pas le cas, comme pour les stagiaires vous serez évalué sur la seule partie prospective.
Il concerne aussi bien les agents en position normale d’activité que ceux en détachement au 31 décembre de l’année considérée. Pour les agents réunissant ces conditions mais absents au cours de la période d’évaluation (pour cause de congés maladie, maternité, cessation temporaire de fonctions) un entretien proposé par courrier
recommandé est envoyé au domicile de l’agent. Si l’agent ne peut participer à l’entretien avant la date limite , l’évaluateur complétera la partie bilan du compte rendu.
Si le retour dans le service intervient avant le 1er juillet 2026, un entretien sera proposé pour compléter la
partie objectifs à fixer pour 2026
Dans certains cas, à titre exceptionnel, un entretien par téléphone ou audio/visio-conférence est envisageable, sous réserve de l’accord préalable de l’agent et que la confidentialité des échanges soit garantie.
Cette dérogation peut être mise en œuvre notamment pour un agent itinérant dont le lieu de travail est suffisamment éloigné du lieu de travail de l’évaluateur pour constituer un obstacle à l’organisation
d’un entretien présentiel ou dans le cadre des mesures spécifiques liées par exemple à un télétravail médical.
Les agents sont appréciés par leur chef de service au moment de la période de l’évaluation.
En cas de changement d’affectation, de fonction ou de poste au cours de l’année civile considérée, l’avis formel du supérieur précédent est nécessaire.
L’entretien professionnel doit être proposé par l’évaluateur au minimum huit jours à l’avance.
Si un empêchement ne permet pas à l’agent de s’y rendre et qu’il n’a pas expressément refusé l’entretien professionnel, son supérieur hiérarchique doit proposer l’entretien à une autre date. Le délai de huit jours permet à l’agent de préparer son entretien.
La remise du compte rendu doit intervenir concomitamment à l’entretien et au plus tard 15 jours après celui-ci. La date de remise doit être inscrite sur le CREP.
L’agent dispose alors de 15 jours maximum (jours francs1 : week-ends et fériés inclus) pour prendre connaissance du compte rendu, pour formaliser ses observations et le signer.
Cette signature ne vaut pas acceptation du contenu : elle signifie que l’agent a pris connaissance de ce compte rendu. En cas de refus de signature, celui-ci est constaté par le supérieur hiérarchique.
Le compte rendu d’évaluation, signé par l’agent et l’évaluateur, est alors transmis au N+2 qui peut, s’il le juge utile et pertinent, rédiger des appréciations dans le cartouche dédié à cet effet.
3 - Refus de l’entretien
Si l’agent refuse cet entretien, le compte rendu est renseigné par l’évaluateur sans possibilité pour l’agent de le faire évoluer de façon contradictoire. Les procédures de recours restent néanmoins possibles.
ATTENTION
Il ne doit pas être fait mention du refus de l’entretien ailleurs que dans la rubrique « tenue de l’entretien professionnel » en page 1 du compte-rendu. Le refus d’entretien ne peut vous être reproché dans le cadre de l’appréciation de la manière de servir.
4 - La fiche préparatoire
En cas de changement de service, de fonction ou de supérieur hiérarchique, une fiche préparatoire est obligatoirement rédigée. Cette fiche préparatoire est disponible dans l’application Esteve. Elle est consultable par l’agent ainsi que ses supérieurs hiérarch ques.
Le supérieur hiérarchique N+1 remplit la fiche préparatoire directement dans Esteve. Il renseigne l’ensemble des rubriques de la fiche préparatoire et porte des appréciations littérales pour chaque rubrique. Après sa signature, l’agent peut y accéder dans l’application Esteve. Cette fiche demeurant un document préparatoire, elle n’est pas susceptible de recours.
5-Cas de agents en arrêt maladie
L’arrêt du TA Toulouse du 11/07/2023 précise que l’absence de l’agent pendant la période des entretiens pour congé maladie n’est pas une raison à dispenser l’administration de convoquer l’agent dans des délais en lui permettant, à défaut d’entretien et dans la mesure compatible avec son état de santé, soit d’avoir un échange par visioconférence ou par téléphone, soit de lui permettre de faire parvenir ses observations écrites avant la date fixée pour l’entretien. Ainsi, faute de mettre en place une telle procédure, l’agent a été privé de la garantie tenant à la convocation à son entretien professionnel : l’administration est alors enjointe à procéder à une nouvelle évaluation professionnelle.
6-notion des 180 jours de présence
La circulaire ministérielle du 29 janvier 2013, relative à l’entretien professionnel, prévoit en son paragraphe 1.2.1 qu’« une durée de présence effective suffisante est requise pour permettre au supérieur hiérarchique d’apprécier la valeur professionnelle d’un agent. »
Ainsi, l’évaluation de la valeur professionnelle d’un agent est subordonnée à sa présence effective au cours de la période de référence pendant une durée suffisante, dont l’appréciation relève, en cas de contentieux, du pouvoir souverain des juges du fond (CE, 14 juin 2023, n° 455784). Il a par exemple été jugé qu’un agent présent pendant un mois au cours de la période de référence ne pouvait faire l’objet d’une évaluation (CAA Douai, 4 octobre 2018, n° 16DA00897).
Il a, en revanche, été considéré qu’un agent présent du 1er janvier au 10 avril de l’année considérée devait être évalué (CAA de Nancy, 29 novembre 2022, n° 19NC02482), tout comme l’agent dont il n’est pas justifié qu’il n’aurait pas été présent à son poste au moins deux jours par semaine (CAA de Nantes, 3 décembre 2018, 17NT01488).
En conclusion, le temps de présence effectif doit être suffisant pour que l’évaluateur soit en mesure de porter une appréciation sur la manière de servir de l’agent. Ainsi, les agents n’ayant pas un temps de présence effectif suffisant ne font pas l’objet d’un entretien professionnel, sauf demande expresse de l’agent. Par ailleurs, ils doivent bénéficier d’un entretien prospectif, notamment pour la fixation des objectifs.